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Histoire
naturelle de linfection par le VIH
La
primo-infection
Elle
se produit 2 à 6 semaines après la contamination.
Elle correspond à la période denvahissement de lorganisme
par le VIH.
La
symptomatologie de la primo-infection est caractérisée par une extrême
diversité, présentant un éventail de manifestations différentes
dun patient à lautre. Pour certains, elle prendra la
forme dune grippe, associant des courbatures, des douleurs
musculaires, de la fièvre : autant de signes très peu spécifiques
quon rencontre dans beaucoup dautres maladies.
Parfois,
la primo-infection saccompagne déruption de boutons
sur la peau, de douleurs dans les articulations, de diarrhées, de
lésions à type daphtes dans la bouche ou sur les muqueuses
génitales, de ganglions au niveau des aisselles ou sur les faces
latérales du cou.
Aucun
de ces signes nest spécifique du VIH ; ils peuvent se voir
dans bien dautres maladies ou infections. Plus rarement, la
primo-infection se manifeste par des symptômes majeurs motivant
demblée une hospitalisation. Dans 20 à 30 % des cas, aucun
symptôme nest repéré.
Cette
diversité des signes et des situations rend difficile létablissement
dun catalogue des symptômes de la primo-infection. Dautant
que langoisse seule peut générer des symptômes dont certains
sont très proches de ceux qui viennent dêtre énumérés. Chez
une personne qui pense, à tort ou à raison, avoir été dans une situation
à risque, le moindre petit signe vient renforcer langoisse,
voire la certitude davoir été contaminée.
Seul
le dialogue avec le médecin peut apporter le recul nécessaire, rassurer
et éventuellement aboutir à la prescription de tests sanguins. Il
est important de décrire précisément au médecin la ou les situations
à risque et de répondre à ses questions concernant les pratiques
sexuelles, les partenaires ou lutilisation de drogues.
Dans
tous les cas, même sans traitement, les signes de la primo-infection
disparaissent complètement en quelques jours ou quelques semaines.
Pendant
la période de la primo-infection, les risques de transmission du
virus à dautres personnes sont particulièrement importants.
Cest pourquoi, en cas de risque de contamination récente,
il convient dêtre particulièrement prudent notamment au cours
des relations sexuelles.
Evolutions
ultérieures
A
partir de la 6e semaine, lorganisme détruit une très grande
partie des virus grâce à son système de défense immunitaire (anticorps,
lymphocytes) sans réussir, comme dans le cas dautres infections
virales, à éliminer le virus de lorganisme.
Comme
lillustre le schéma, 4 à 6 mois après le pic de charge virale
suivant la contamination, cette charge sabaisse sous leffet
des défenses de lorganisme et atteint un niveau variable suivant
les personnes. Cette charge résiduelle a une importante valeur pronostique.
Si la charge virale résiduelle séquilibre au-dessus de 36
000 copies / ml, le risque de développer le sida dans les 5 ans
est de 62 %. Il est seulement de 8% lorsque la charge virale est
en dessous de 4 350 copies / ml.
Il
semble que plus la charge virale sabaisse, plus le développement
de linfection à VIH est lent.
Cette
notion est essentielle pour comprendre les stratégies actuelles
de traitement de la primo-infection. En effet, le traitement vise
à abaisser au maximum la charge virale pour se rapprocher de lévolution
de linfection à VIH chez les personnes qui parviennent spontanément
à éliminer la plus grande quantité de virus et dont linfection
progresse moins vite.
Dans
les années qui suivent cette première phase de linfection,
les personnes atteintes ne ressentent habituellement aucun symptôme.
Pourtant, on sait maintenant que le virus continue de se multiplier.
Le
VIH détruit progressivement les cellules du système immunitaire
et les organes lymphoïdes (ganglions, rate, moelle osseuse, etc.).
Aujourdhui,
on sait évaluer, grâce une simple prise de sang
lintensité
de la multiplication du virus, par la mesure de la charge virale
plasmatique ;
limportance
de latteinte du système immunitaire, par la mesure du nombre
des lymphocytes T-CD4, souvent appelés " T4 ".
Dans
certains cas, la quantité de virus dans le sang reste faible et
le nombre des lymphocytes T-CD4 relativement stable :
600/mm3.
Les
personnes dont le système immunitaire reste à peu près intact après
10 ans dinfection représentent environ 10% des personnes atteintes
par le VIH.
Plus
souvent, la quantité de virus augmente dans le sang et le nombre
de lymphocytes T-CD4 (T4) diminue jusquà un seuil critique
(
à 200/mm3) entre 3 et 10 ans.
Plus
le chiffre de lymphocytes T-CD4 est bas (inférieur à 200/mm3), plus
le risque est grand de développer lune des manifestations
qui définissent le sida (infections opportunistes, maladie de Kaposi...).

Exemple
de lévolution de linfection par le VIH
Lévolution
se caractérise par une diminution des lymphocytes T CD4 (ou T4)
dans le sang (trait orange) et par une augmentation progressive
de la quantité de virus dans le sang (charge virale) (trait vert).
Les fluctuations de cette courbe indiquent que chez une personne
donnée, la charge virale peut varier dun jour à lautre.
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