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 Les nouvelles thérapeutiques

Les antirétroviraux

La multiplication des médicaments disponibles, des combinaisons thérapeutiques et le développement des techniques de mesure de leur efficacité ont bouleversé la prise en charge des personnes atteintes par le VIH, connues et suivies, et celle des personnes nouvellement dépistées.

Quels sont les traitements actuels de l’infection par le VIH ?
Qu’est-ce que la trithérapie ?

Des combinaisons de plusieurs médicaments antiviraux : La trithérapie est l’association de 3 médicaments, mais on peut utiliser également des associations de deux médicaments (bithérapie), de 4

(quadrithérapie) ou de 5 (pentathérapie). Il est donc préférable de parler de multithérapies.

Les médicaments utilisés sont :

les inhibiteurs de la transcriptase inverse : l’AZT (Rétrovir*),

la DDI (Videx*), la DDC (Hivid*), la D4T (Zerit*), la 3TC (Epivir*),

la Névirapine (Viramune*), l’Abacavir et l’Efavirenz (Sustiva*).

les antiprotéases : l’indinavir (Crixivan*), le ritonavir (Norvir*),

le saquinavir (Invirase*) et le nelfinavir (Viracept*).

*nom commercial en France

Quels sont les objectifs des traitements ?

Il s’agit de diminuer au maximum et de façon prolongée la multiplication virale. Pour y parvenir, les traitements doivent être pris régulièrement pendant plusieurs années. En cas d’effets toxiques des médicaments, le traitement sur une longue durée pose problème et sera adapté en fonction de chaque situation.

Les nouvelles indications

Le traitement de la primo-infection

Les nouvelles thérapeutiques peuvent être prescrites aux personnes présentant une primo-infection symptomatique. Quand une primo-infection est symptomatique, l’évolution vers la maladie (sida) est plus rapide en l’absence de traitement.

Un traitement antirétroviral prescrit à cette période permet une limitation de la réplication virale et donc un meilleur pronostic. Ce traitement peut également être prescrit pour les primo-infections non symptomatiques. Même en l’absence de symptômes cliniques, cette phase de primo-infection correspond à une période de réplication virale très intense. On considère que le traitement, dès cette phase, peut avoir un effet favorable sur l’évolution ultérieure de la maladie.

Le traitement antirétroviral après exposition (prophylactique)

La possibilité de prévenir une contamination par le VIH après une situation à risque offre un recours aux personnes après une défaillance ou un accident dans les pratiques de prévention (non usage, glissement ou rupture du préservatif, échange de matériel souillé entre usagers de drogue par voie veineuse).

Dans ces situations, un traitement dit "traitement post-exposition" ou "traitement prophylactique" peut éventuellement être prescrit. La décision de prescrire ou non un traitement sera prise lors d’une consultation, après évaluation de l’importance du risque par un médecin, à un moment où il n’est pas encore possible de savoir si la personne a été contaminée.

Quand un traitement est prescrit, il doit être commencé dans les heures qui suivent l’exposition. Il associe plusieurs antirétroviraux pendant une durée d’un mois. Il s’agit d’un traitement non dénué d’effets indésirables, lourd, nécessitant une surveillance régulière par un médecin spécialiste.

Ce traitement a pour objectif d’éviter la contamination. Son efficacité, établie chez les personnels soignants ayant eu un accident d’exposition au sang, dépend de la rapidité de la prise en charge (dans les premières heures si possible et au plus tard dans les 48 heures qui suivent l’exposition), du type d’exposition et de l’adhésion de la personne tout au long du traitement.

Ce traitement a jusqu’à maintenant été prescrit à des professionnels de santé blessés avec des aiguilles souillées de sang contaminé par le VIH. Dans ces circonstances, il a été démontré qu’un traitement par l’AZT seul, pendant un mois, diminue le risque de contamination de 80 %. Ce traitement a également été prescrit à des personnes blessées par des objets souillés de sang.

On sait aujourd’hui que le risque de contamination lors de pratiques sexuelles non protégées ou lors de partage de seringue entre usagers de drogue est similaire à celui encouru à l’occasion d’accidents professionnels.

Un traitement après exposition, pris dans de bonnes conditions, peut limiter les risques de contamination dans ces situations aussi.

Le traitement après exposition a pour objectif de tenter d’éviter la contamination par le VIH et donc de limiter le nombre de personnes infectées. Son efficacité n’est pas absolue. La rapidité avec laquelle il est mis en route et le respect, par la personne soignée, des modalités de prise des médicaments ont une grande influence sur l’efficacité du traitement.

A la suite du traitement, plusieurs tests sanguins seront effectués pour déterminer si la personne a été infectée ou non. Afin de tenir compte du fait que le traitement prophylactique est susceptible de retarder la réponse immunitaire de l’organisme, les tests seront réalisés vers la 3e semaine, puis au 3e et au 5e mois après l’arrêt du traitement.

Le traitement est proposé par le médecin, qui doit en expliquer les avantages, les difficultés et les incertitudes. Toute personne est libre d’accepter ou de refuser ce traitement après avoir été informée.

Le traitement après exposition ne peut et ne doit en aucune façon se substituer aux moyens de prévention qui s’offrent au choix de chacun : utilisation du préservatif, sexualité sans pénétration, non partage du matériel d’injection ou de préparation en cas d’usage de drogue.

Le traitement au long cours

Selon les cas, différents médicaments antirétroviraux devront être pris plusieurs fois par jour. Ils peuvent provoquer des effets secondaires ou indésirables.

Pour qu’ils soient aussi efficaces que possible et pour éviter les désagréments, il est important de respecter certaines règles qui seront expliquées par le médecin en fonction des médicaments prescrits. Le traitement s’accompagne d’un suivi médical et biologique destiné en particulier à surveiller les effets indésirables éventuels.

Même s’il y a des avantages à être soigné précocement, le traitement de l’infection par le VIH présente un intérêt pour la personne atteinte, quel que soit le moment où il est commencé.

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